Médecine hyperbare : indications, déroulé d'une séance et prise en charge
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La médecine hyperbare, aussi appelée oxygénothérapie hyperbare (OHB), consiste à faire respirer de l'oxygène pur à un patient placé dans un caisson sous pression. Indications, mécanismes, déroulé d'une séance, remboursement, nous vous expliquons tout.
Qu'est-ce que la médecine hyperbare ?
La médecine hyperbare est une discipline médicale née il y a une cinquantaine d'années, qui consiste à administrer de l'oxygène par voie respiratoire à une pression supérieure à la pression atmosphérique normale. Le patient inhale de l'oxygène pur (O2 à 100 %) à travers un masque, à l'intérieur d'un caisson en acier ou en polymère, à une pression comprise entre 1,5 et 3 fois la pression atmosphérique, généralement pendant au moins 90 minutes.
Comment le caisson hyperbare fonctionne-t-il ?
Dans des conditions normales, nous respirons un air composé majoritairement d'azote (environ 78 %) et d'oxygène (environ 21 %). Une fois inhalé, cet oxygène est transporté dans le sang essentiellement fixé sur l'hémoglobine, le pigment des globules rouges. L'hémoglobine transporte l'oxygène dans tout le corps et en temps normal, elle est déjà presque pleine. Même en respirant davantage, on ne peut donc quasiment pas augmenter la quantité d'oxygène transportée par cette voie.
En respirant de l’oxygène pur (à 100%) sous pression, une plus grande quantité d'oxygène se dissout directement dans le plasma, la partie liquide du sang. Cette voie, presque inutilisée en temps normal, permet de transporter beaucoup plus d'oxygène et de l'acheminer jusque dans les tissus mal irrigués, là où le sang circule difficilement. C’est cet apport d’oxygène plus volumineux qui favorise la cicatrisation, renforce la lutte contre les infections et stimule la régénération cellulaire.
Cette technique repose sur le même principe que la plongée sous-marine. La pression ressentie dans le caisson est semblable à celle ressentie sous plusieurs mettre d’eau.

Quels sont les mécanismes d’action de l’oxygénation hyperbare ?
L'oxygénothérapie hyperbare est utilisée dans des situations variées car elle agit sur l'organisme de plusieurs façons complémentaires.
Un apport massif d'oxygène aux tissus :
Comme expliqué plus haut, l'augmentation de la pression et de la concentration d'oxygène permet d'oxygéner des zones du corps mal irriguées, où le sang circule difficilement.
La stimulation de la cicatrisation et de la régénération :
L'afflux d'oxygène accélère le renouvellement cellulaire, favorise la formation de nouveaux vaisseaux sanguins et soutient la réparation des tissus. C'est l'un des effets les plus recherchés dans le traitement des plaies qui peinent à guérir.
Une action anti-infectieuse :
L'oxygène à forte concentration peut freiner le développement de certaines bactéries, notamment celles qui prolifèrent en l'absence d'oxygène (bactéries anaérobies). L'oxygénothérapie améliore aussi la fonction des globules blancs, responsables de la lutte contre les infections. Elle permet donc, dans certains cas, de renforcer les défenses immunitaires et l'efficacité de certains antibiotiques.
Un effet sur la circulation et les vaisseaux :
L'un des cas les plus connus est celui de l'accident de plongée ou de l'embolie gazeuse. La mise sous pression réduit le volume des bulles de gaz présentes dans le sang et aide à rétablir une circulation normale.
Quelles sont les indications de la médecine hyperbare, pour qui / quelles pathologies ?
Revenons d'abord sur le terme d'indication : il s'agit d'un état de santé affectant un patient, qui justifie l'intérêt d'un traitement ou d'un examen médical. Les indications de l'oxygénothérapie hyperbare ont été analysées et listées dans un rapport de la Haute Autorité de Santé en 2007, puis précisées par la Conférence européenne de consensus sur la médecine hyperbare, qui a détaillé les indications acceptées, non acceptées et en cours d'évaluation pour presque toutes les spécialités médicales et chirurgicales.
On distingue généralement les indications urgentes et les traitements de pathologies chroniques.
Les indications aiguës (urgentes)
Intoxication au monoxyde de carbone (CO) : l'une des indications les plus fréquentes, en particulier chez les patients ayant présenté une perte de connaissance et chez les femmes enceintes.
Accidents de décompression et embolies gazeuses : souvent liés à la plongée sous-marine ou à certains gestes médicaux. Il s'agit d'une indication d'urgence majeure.
Fasciites nécrosantes et gangrènes gazeuses : infections graves nécessitant une prise en charge rapide.
Surdité brusque et traumatismes acoustiques : l'oxygénation hyperbare représente une approche prometteuse pour certains troubles auditifs aigus.
Les indications chroniques (non urgentes)
Plaies chroniques et pied diabétique : l'OHB peut accélérer la cicatrisation de plaies qui résistent aux traitements classiques, y compris dans les cas d'ulcères ischémiques ou de brûlures.
Lésions post-radiothérapie (radionécrose) : elle aide à traiter certaines complications tardives des traitements par radiations (difficultés de cicatrisation, saignements, ulcères, fistules, cystites radiques, atrophie musculaire).
Fractures ouvertes avec délabrement.
Réimplantations de membres.
Greffes de peau et lambeaux cutanés compromis.
Séquelles chez certains patients cérébro-lésés sélectionnés.
Des indications en cours d'évaluation
D'autres pistes font l'objet d'études scientifiques, comme le COVID long, les maladies inflammatoires chroniques de l'intestin ou certaines lésions traumatiques du sport.
À noter : l'oxygénothérapie hyperbare s'inscrit la plupart du temps dans une prise en charge globale et pluridisciplinaire. Elle vient compléter d'autres traitements, et non les remplacer. La décision relève toujours d'un médecin spécialisé en médecine hyperbare, qui évalue le rapport bénéfice/risque pour chaque patient.
Comment se déroule une séance d’oxygénothérapie hyperbare ?
La séance peut impressionner le patient qui découvre le caisson. C'est pourtant un moment au déroulé bien rodé, sécurisé et surveillé en permanence par le personnel.

Avant la séance
Le patient, souvent accompagné d'autres patients (selon les centres, un caisson multiplace peut accueillir plusieurs personnes), reçoit les consignes de sécurité. Certains objets sont interdits à l'intérieur comme les téléphones et appareils électroniques par exemple, en raison de l'environnement riche en oxygène. Un membre du personnel médical explique comment positionner le masque et présente les manœuvres d'équilibration des tympans.
Pendant la séance
Elle se déroule en trois temps :
Une phase de mise en pression progressive, d'environ 15 minutes ;
Une phase d'inhalation d'oxygène pur à travers le masque, d'environ 1 heure, durant laquelle il est possible de lire, d'écrire ou autre ;
Une phase de décompression progressive, qui peut s'accompagner d'une sensation de froid.
Une séance dure ainsi le plus souvent autour d'une heure et vingt minutes, même si le protocole peut varier selon la pathologie.
La durée du protocole
Sauf en cas d’urgence, l’OHB s’étale sur plusieurs séances. Le nombre dépend des pathologies, mais il faut compter entre 20 et 50 séances, souvent reparties sur la semaine, à raison d’au moins trois séances par semaine.
Les sensations
Pendant la mise en pression et la décompression, le patient peut ressentir une gêne au niveau des oreilles, semblable à celle ressentie en plongée ou dans l’avion. Des techniques instruites par le personnel soignant permettent de l’atténuer. L'observance des patients reste bonne.
Contre-indication, remboursements et prise en charge
Les contre-indications
Comme toute thérapie, l'oxygénothérapie hyperbare comporte des contre-indications et des risques bien identifiés, que le médecin évalue avant tout traitement. Certaines affections pulmonaires ou ORL non traitées, ou encore la grossesse, doivent par exemple être prises en compte. C'est précisément le rôle de la consultation préalable avec un médecin hyperbariste.
Le remboursement
Lorsqu'elle est prescrite dans une indication reconnue et réalisée dans un centre habilité, la médecine hyperbare s'inscrit dans le cadre des soins pris en charge par l'Assurance Maladie. Les conditions dépendent de la pathologie et de la situation du patient ; il est recommandé de se renseigner auprès du centre et de sa caisse d'assurance maladie.
Où trouver un centre hyperbare en France ?
C'est là que réside l'une des principales difficultés d'accès. La France ne compte qu'une vingtaine de centres hyperbares civils, répartis de façon très inégale sur le territoire. Certains couvrent à eux seuls de vastes zones géographiques, comme par exemple : l'hôpital Pasteur 2 du CHU de Nice, partenaire de My Hospitel, qui dessert beaucoup de départements. On estime à une trentaine le nombre de caissons (civils et militaires) en France métropolitaine. Pour de nombreux patients, le centre le plus proche se situe à plusieurs dizaines, voire centaines de kilomètres de leur domicile.
Médecine hyperbare et hôtel hospitalier : faciliter l’accès aux soins
Vous l'aurez compris : les centres hyperbares sont rares, les protocoles relativement longs, et la logistique reste compliquée. Pour les patients venant de loin, ces soins répétés représentent de nombreux allers-retours, ou des nuits d'hôtel à leurs frais. Une contrainte qui peut peser sur l'observance et fragiliser des parcours patients déjà exigeants.
L'hôtel hospitalier ou HTNM permet à ces patients de dormir dans un hôtel conventionné, tout en libérant des lits médicalisés pour ceux qui en ont besoin.
Pour un patient en oxygénothérapie hyperbare, l'intérêt est direct :
La continuité du traitement : il peut suivre l'intégralité de son protocole sans interruption, sur toute une semaine, sans subir des trajets épuisants.
Le repos entre les séances : un hébergement à proximité permet de récupérer dans de bonnes conditions.
Un bénéfice pour l'établissement : l'hôtel hospitalier fluidifie le parcours de soins et libère des lits.
My Hospitel facilite l'accès à l'hébergement temporaire non médicalisé (hôtel hospitalier) pour les patients et leurs proches : le patient peut même choisir lui-même son hôtel. Pour les traitements longs et répétés comme la médecine hyperbare, l'hôtel hospitalier devient un maillon essentiel pour rendre les soins réellement accessibles à tous, quel que soit le lieu de résidence.
Vous ou un proche devez suivre un traitement loin de votre domicile ? Parlez de My Hospitel à votre médecin hospitalier.



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