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L'endométriose : symptômes, diagnostic et traitements

  • il y a 20 heures
  • 6 min de lecture
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Le 28 mars marque chaque année la Journée mondiale de lutte contre l’endométriose, une maladie gynécologique inflammatoire chronique qui touche 1 femme sur 10 en âge de procréer. En France, cela représente entre 1,5 et 2,5 millions de femmes concernées. Pourtant, malgré cette prévalence, la maladie reste encore mal connue, mal comprise et souvent diagnostiquée tardivement. Les douleurs présentées sont souvent banalisées, et de nombreuses patientes mettent plusieurs années avant de mettre des mots sur leurs symptômes.  



28 mars : pourquoi parler de l’endométriose aujourd’hui ?


Selon l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS), environ 190 millions de femmes sont concernées dans le monde, dont une majorité des cas âgées de 25 à 49 ans. Cette journée mondiale a pour but de sensibiliser le grand public, de réduire l’errance thérapeutique et surtout de lever les tabous autour de cette maladie trop souvent minimisée.  


📊 ENDOMÉTRIOSE : LES CHIFFRES À RETENIR

 

  • 1 femme menstruée sur 10 est atteinte d’endométriose, soit 2,5 millions de personnes. 

  • 190 millions de personnes menstruées atteintes dans le monde.  

  • 7 à 10 ans pour qu’une endométriose soit diagnostiquée en moyenne.  

  • 80 % des personnes ayant recours à la (Procréation Médicalement assistée) PMA sont atteintes d’endométriose.  

  • 47 % des personnes atteintes d’endométriose ont des douleurs pendant les rapports sexuels.  

  • 89 % des personnes atteintes voient leur vie professionnelle impactée

 



L’endométriose : une maladie chronique encore mal comprise  


Schéma anatomique endométriose lésions utérus ovaires

L’endométriose se caractérise par la présence, en dehors de l’utérus, de tissu semblable à la muqueuse utérine (l’endomètre). Les cellules de ce tissu peuvent se développer sur différents organes de la cavité abdominale (ovaires, trompes, péritoine, intestin, vessie…), où elles provoquent des réactions inflammatoires, des lésions et parfois des adhérences. 

Au moment des règles, les cellules se mettent aussi à saigner et forment des lésions sur les organes sur lesquels elles se sont développées. Cycles après cycles, les cellules créent de nouveaux kystes, nodules et adhérences, ce qui empêche la mobilité des organes. C’est ce mécanisme qui explique l’intensité des douleurs et l’inflammation que ressentent les femmes atteintes.   


Les symptômes :  

L’endométriose évolue généralement de la puberté à la ménopause et se manifeste différemment d’une personne à une autre.

Parmi les symptômes les plus fréquents, nous retrouvons :  

  • D’importantes douleurs pendant les règles (appelées dysménorrhée) ; 

  • Des douleurs lors de rapports sexuels (appelées dyspareunie) ; 

  • Des troubles urinaires et/ou digestifs ; 

  • Des douleurs pelviennes chroniques

  • Des troubles de la fertilité, l’endométriose étant l’une des principales causes d’infertilité en France (environ 35% des femmes touchées présentent une infertilité). 

Cette diversité de symptômes explique pourquoi les spécialistes parlent aujourd’hui non pas d’une, mais de « des endométrioses ». 


  

Les différentes formes d'endométriose et les facteurs favorisants  


Les 4 formes d’endométriose : 

  • L’endométriose superficielle ou péritonéale : des lésions de petite taille, superficielles, dont la profondeur d’invasion ne dépasse pas les 5 mm ; 

  • L’endométriome (un kyste d’endométriose) : des lésions hémorragiques qui s’enkystent sous le parenchyme ovarien (partie contenant les follicules) ; 

  • L’endométriose profonde : les lésions dépassent les 5 mm sur la surface du péritoine (membrane recouvrant les organes et les parois intérieures de l’abdomen), touchant des organes éloignés comme la vessie, les ovaires, le colôn, etc., voire très éloignés de l’utérus (thorax, diaphragramme, cerveau, etc.) dans le cas d’une forme extrapelvienne ;

  • L’adénomyose : c’est uniquement le muscle utérin qui est atteint. 

 

Rappelons qu’il n’y a pas de corrélation systématique entre l’intensité de la douleur ou la forme d’endométriose. Une endométriose superficielle peut être très douloureuse en raison de la présence de nombreux nerfs. L’endométriose est une maladie bénigne au sens médical (non cancéreuse), mais qui impacte fortement la qualité de vie. 


Les facteurs favorisant l’apparition de l’endométriose : 

L’endométriose est une maladie multifactorielle. Parmi les facteurs identifiés :  

  • Les menstruations rétrogrades, au cours desquelles des fragments d’endomètre remontent par les trompes (le sang des règles s’écoule dans la direction opposée) ;

  • Une prédisposition génétique ;

  • Un dérèglement du système immunitaire ;

  • Une exposition aux perturbateurs endocriniens ;

  • Un faible poids de naissance ou un IMC bas dès l’enfance et jusqu’à l’âge adulte ;

  • Des menstruations précoces et cycles menstruels courts.

  

  

Endométriose : un diagnostic encore trop tardif 


Malgré les avancées médicales, le diagnostic de l’endométriose est souvent posé avec un retard moyen de 7 ans. Ce délai s’explique par la faible spécificité des symptômes, le manque d’information et surtout la banalisation des douleurs menstruelles. 


Le parcours de diagnostic :  

  • En première intention : une échographie pelvienne, idéalement réalisée par un radiologue formé à l’endométriose ; 

  • En deuxième intention : la Haute Autorité de Santé (HAS) recommande une IRM pour détecter les kystes, nodules ou lésions profondes.   

  • Des examens complémentaires peuvent être requis : coloscanner, entéro IRM, échographie endorectale, etc.  


Des outils d’aide au diagnostic de l’endométriose existent également par exemple :

  • Le test salivaire Endotest® disponible dans une centaine d’établissements de santé avec prise en charge par l’Assurance Maladie via le forfait innovation. 

  • L’algorithme Shiny Deva qui est un auto-questionnaire de symptômes,

  • L’application LUNA For Health qui oriente les patientes vers des conseils médicaux personnalisés.  

  

test salivaire Endotest diagnostic endométriose

Crédit : Endotest®, ZIWIG 



Traiter l'endométriose : un parcours long et éprouvant 


Il n’existe aujourd’hui pas de traitements curatifs dédiés à l’endométriose. Les options thérapeutiques disponibles visent à atténuer les symptômes et ralentir l’évolution de la maladie. Le parcours de soins de l’endométriose s’organise généralement en trois niveaux :  

  1. Les traitements médicamenteux en première intention : antalgiques, anti-inflammatoires et traitements hormonaux pour supprimer les règles et soulager les douleurs ; 

  2. La chirurgie (laparoscopie) en deuxième intention en cas d’échec des traitements médicamenteux ou pour les formes sévères ; 

  3. Les soins de supports pour accompagner la prise en charge médicale : ostéopathie, yoga, acupuncture, cures thermales… 

  


En France : mobilisation, stratégie nationale et prévention de l'endométriose 


Depuis 2022, le ministère de la santé français a lancé une stratégie nationale de lutte contre l’endométriose, structurée autour de trois priorités d’actions :  

  • Renforcer la recherche, avec un investissement de 30 millions d’euros sur 5 ans ; 

  • Améliorer l’offre de soins grâce à des filières spécifiques assurant une prise en charge qualitative dans toute la France ;  

  • Faire connaître et informer le grand public et les professionnels de santé, via des campagnes de prévention et d’information.  

 

Ces efforts institutionnels commencent à porter leurs fruits : l’endométriose est de plus en plus intégrée au débat public et certaines formes sévères peuvent désormais être fléchées en ALD (Affection de Longue Durée), assurant une meilleure prise en charge par l’Assurance Maladie.  


Stratégie nationale endométriose France ministère santé

 Crédit : sante.gouv 


Endométriose : innovations et perspectives 


L'endométriose est aujourd'hui au cœur d'une dynamique de recherche et d'innovation prometteuse. Le test salivaire Endotest® représente une avancée réelle pour réduire l'errance médicale et réduire le diagnostic de l'endométriose, évitant ainsi aux patientes des années de souffrance sans réponse médicale. 

Au-delà de l'outil diagnostique, les avancées médicales proposent une prise en charge de plus en plus personnalisée : cartographie améliorée des lésions avant une intervention chirurgicale, développement de centres de référence spécialisés, reconnaissance accrue du retentissement psychologique et professionnel de la maladie sur les femmes concernées. 

L'objectif collectif reste de briser le tabou, former davantage de professionnels de santé, et garantir à chaque femme atteinte d'endométriose un accès rapide à un diagnostic et à un parcours de soins adaptés. 

  

Sources : Organisation mondiale de la santé, Endométriose – Aide-mémoire, 2023 - Ministère de la Santé (Santé.gouv), Endométriose : définition et stratégie nationale de lutte contre l’endométriose, 2025 - Ameli, Endométriose : définition et facteurs favorisants, 2025 - Haute Autorité de Santé, Recommandations de bonne pratique – Endométriose, 2022 - EndoFrance, Qu’est-ce que l’endométriose?, 2025 - Santé publique France, Épidémiologie de l’endométriose et prise en charge hospitalière en France (2011-2017), 2023 - Inserm, Dossier Endométriose : données épidémiologiques et chiffres clés, 2024 - Deuxième Avis, Douleurs féminines : SOPK ou endométriose?, 2024 - Ouest-France, Endotest : innovation majeure ou promesse exagéré ?, 2025 - RTBF, Endométriose : une maladie qui concerne toute la société, 2025 - Ziwig (Endotest®), Test salivaire de diagnostic de l’endométriose, 2025. 



 Questions fréquentes sur l'endométriose


Quels sont les premiers symptômes de l'endométriose ?

Les symptômes les plus fréquents sont des douleurs importantes pendant les règles (dysménorrhée), des douleurs pelviennes chroniques, des douleurs lors des rapports sexuels et des troubles digestifs ou urinaires. Ces symptômes varient fortement d'une personne à l'autre.

Comment se passe une opération de l'endométriose ?

La chirurgie de l'endométriose se fait le plus souvent par laparoscopie (chirurgie mini-invasive). Elle nécessite une hospitalisation et une période de convalescence variable selon la forme et la sévérité de la maladie.

L'endométriose est-elle prise en charge par la Sécurité sociale ?

Oui, les consultations, examens (échographie, IRM) et traitements sont pris en charge. Les formes sévères peuvent être reconnues en ALD (Affection de Longue Durée) pour une meilleure couverture.

Peut-on tomber enceinte avec une endométriose ?

L'endométriose est l'une des principales causes d'infertilité en France (environ 35% des femmes atteintes présentent une infertilité). Cependant, une grossesse reste possible et de nombreuses femmes atteintes conçoivent naturellement ou via la PMA.


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