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Grossesse pathologique, parlons-en !

  • 2 févr.
  • 4 min de lecture
Examen d'echographie sur une femme enceinte en milieu hospitalier
Crédit photo : Freepik

En 2025, 645 000 bébés sont nés en France, versus 800 000 en 2015, soit une baisse de 19,4% du taux de natalité en 10 ans. Parmi ces naissances, 1 femme sur 5 fait face à des complications durant sa grossesse, nécessitant un suivi intensif pour elle-même, son enfant, ou les deux. On parle alors de grossesse pathologique. Une situation qui, au-delà de son enjeu purement médical, bouleverse profondément le quotidien, le vécu émotionnel et le parcours de soins des futures mamans.

 

Dans un contexte de baisse démographique, la compréhension de ces grossesses à risque, leur prévention et leur accompagnement apparaît aujourd’hui essentiel.


Qu'est-ce que la grossesse pathologique ?

 

image echographique d'un foetus

Une grossesse est dite pathologique lorsqu’elle présente un risque pour la mère, le fœtus, ou les deux, nécessitant une surveillance médicale accrue, voire des hospitalisations ou des adaptations du mode de vie.

 

Les situations les plus fréquentes peuvent être regroupées en trois grandes catégories :

 

Complications maternelles

  • Hypertension artérielle ou prééclampsie

  • Diabète gestationnel

  • Menace d’accouchement prématuré (MAP)

  • Saignements, infections, troubles du placenta

 

Facteurs liés aux antécédents ou à l’environnement

  • Grossesse âgée

  • Pathologies chroniques (cardiaques, rénales, thyroïdiennes…)

  • Grossesse multiple

  • Antécédents obstétricaux complexes

 

Risques spécifiques du fœtus

  • Retard de croissance intra-utérin

  • Excès ou manque de liquide amniotique

  • Anomalies fœtales


Ces situations impliquent souvent des consultations fréquentes, des examens répétés, parfois des hospitalisations, avec des répercussions importantes sur la vie personnelle, familiale et professionnelle des femmes concernées.


Pourquoi les grossesses pathologiques sont-elles de plus en plus fréquentes ?

 

Principalement à cause de l'évolution du profil des femmes enceintes (mise en évidence par l’Enquête Nationale Périnatale menée en 2021) :

  • La part des femmes âgées de 35 ans et plus au moment de l’accouchement augmente régulièrement.

L’âge maternel est statistiquement associé à un risque accru de complications.

  • Le surpoids et l’obésité avant la grossesse sont en hausse. Des facteurs directement associés à un risque accru de diabète gestationnel, de complications vasculaires et de menace d’accouchement prématuré (MAP).

 

Complication fréquente, le diabète gestationnel fait l’objet d’un dépistage de plus en plus systématique : 76,1 % des femmes ont été dépistées en 2021, contre 73,2 % en 2016. Malgré cette vigilance accrue, il reste une cause majeure de suivi renforcé et de parcours de soins complexes.

 

Grossesse pathologique : un déficit d’information encore préoccupant

 

Malgré un suivi prénatal structuré (7 examens obligatoires), l’information délivrée aux futures mamans reste insuffisante.

Selon une étude PremUp :

  • 61 % des femmes déclarent n’avoir reçu aucun conseil pour éviter une grossesse pathologique.

  • 1 femme sur 2 pense (à tort) que les grossesses pathologiques sont en diminution.


De nombreuses femmes manquent d’informations sur les symptômes à surveiller, les habitudes de vie à adopter ou les situations nécessitant une consultation urgente.

Cette insuffisance d’information peut conduire à des prises en charge tardives, renforcer le stress et accentuer le sentiment d’isolement.

La prévention anticipée permet de limiter ou de retarder l’apparition de complications.

  

Le congé pathologique : un droit encore mal connu

 

En complément du congé maternité classique les femmes qui le nécessitent peuvent bénéficier du congé pathologique. Prescrit le médecin généraliste ou le gynécologue, avant ou après la naissance, il a pour objectif la protection de la santé des femmes et de leur enfant.

 

Avant la naissance

  • Jusqu’à 14 jours, fractionnables

  • Indemnisé comme un congé maternité, sans délai de carence, dans la limite de 14 jours (fractionnables)

  • Prescrits en cas de MAP (voir plus haut), diabète gestationnel, grossesse multiple, fatigue excessive, hypertension, douleurs invalidantes…

 

Au-delà de 14 jours, l’arrêt est indemnisé comme un arrêt maladie, avec application d’un délai de carence.

 

Après la naissance

  • Jusqu’à 4 semaines consécutives, immédiatement après le congé maternité postnatal

  • Destinées à accompagner la récupération et les complications liées à l’accouchement

  • Indemnisation par la CPAM à hauteur de 50 % du salaire journalier de base, dans la limite de 4 semaines consécutives.


Les Modalités du congé pathologique 


  Tableau : Congé pathologique, quand peut-il être prescrit ?

 

 

Sécuriser la grossesse pathologique : l’Engagement Maternité

 

L’Engagement maternité est un dispositif proposé par certaines maternités, destiné aux femmes qui résident à plus de 45 minutes de leur lieu de prise en charge. Prescrit par le médecin hospitalier ou la sage femme il peut être une solution pertinente dans le cadre du suivi d'une grossesse pathologique, notamment dans les cas suivants :


  • Menace d’accouchement prématuré stabilisée

  • Surveillance tensionnelle

  • Diabète gestationnel

  • Monitoring fœtal régulier

  • Situations nécessitant une proximité médicale sans soins actifs

 

Pour les maternités, c'est une alternative à l'hospitalisation complète de la future maman, qui permet une vigilance renforcée (rapprochement géographique de la patiente) et minimise la prise de risque due à un éloignement trop important.

 


La grossesse pathologique ne se résume pas à une gestion médicale. Elle impacte le bien-être physique, émotionnel et social des femmes. Grâce à une prévention renforcée, une meilleure information, et des solutions comme l’Engagement maternité, il devient possible de réduire les complications évitables, de renforcer la sécurité des futures mamans, et de proposer des alternatives adaptées aux réalités du terrain.


Infographie : la grossesse pathologique
Infographie résumé

Sources : INSEE, Naissances mensuelles en France, 2025 - Doctissimo, Grossesses pathologiques : définition et prise en charge, 2025 - Parents.fr, Grossesses pathologiques : les grossesses à risque en augmentation, 2025 et Focus grossesses à risque, 2022 - Elsan, Grossesse pathologique : pathologie et traitement à la maternité, 2025 - ENP, Enquête Nationale Périnatale, 2021 - Santé publique France, Enquête nationale périnatale, 2021 - Saisirprudhommes.com, Le congé pathologique prénatal et postnatal, 2025 - Ameli, Hébergement et transport pour maternité éloignée, 2025 - Commission des Affaires Sociales, Rapport n° 1373 – Mortalité infantile, 2025

 

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