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La digitalisation de la santé




medecin tapant sur un clavier d'ordinateur portable avec des éléments digitaux modelisés en suspend

1- Définition et histoire de l'e-santé


Depuis l’avènement d’internet, la digitalisation est partout : e-paiements, e-mails, achats en ligne, forums, blogs, réseaux sociaux… une révolution sociétale, à laquelle le secteur de la santé ne fait pas exception.

A - Qu'appelle-t-on e-santé ?

Définition

L’Organisation Mondiale de la Santé (OMS), apporte une définition de l’e-santé :

Utilisation des outils de production, de transmission, de gestion et de partage d'informations numérisées au bénéfice des pratiques tant médicales que médico-sociales.

On parle donc ici d’appliquer toutes les technologies numériques (outils de production, de transmission, de gestion de partage, information) au domaine de la santé.


Nouveaux usages

Avec l’e-santé sont apparus de nouveaux usages/termes : télésanté, téléconsultation, télémédecine, télésoin, téléimagerie… : autant d’expressions faisant référence à la numérisation du secteur de la santé, combinant médecine et technologie.

La santé mobile ou m-santé fait référence à l’ensemble des objets connectés et des applications mobiles en lien avec la santé. La HAS (Haute Autorité de Santé) en donne cette définition :

Des dispositifs connectés à internet pouvant collecter, stocker, traiter et diffuser des données ou pouvant accomplir des actions spécifiques en fonction des informations reçues.

B - Petite histoire de l'e-santé

Prémices

Dès les années 1970-80 se sont dessinés les contours de l’e-santé avec le passage de la médecine traditionnelle vers une médecine plus moderne et digitalisée. Sont apparues l’informatisation et la conception de nouveaux outils tels que les robots chirurgiens, le dossier patient informatisé puis les logiciels de gestion de cabinet.


Organisation et encadrement

La démocratisation d’Internet a ensuite accentué la communication interprofessionnelle et interpersonnelle au travers des réseaux sociaux et des messageries sécurisées de santé. De nouveaux usages ont vu le jour avec l’apparition des feuilles de soin dématérialisées, de la carte vitale en 1998 et de la facturation électronique.

L’e-santé a été évoquée officiellement en 1999, lors du 7ème congrès international de la télémédecine, sous ces termes : « l’usage combiné de l’internet et des technologies de l’information à des fins cliniques, éducationnelles et administratives, à la fois localement et à distance ».

Par la suite, la Commission européenne en 2004 a redéfini l'e-santé comme étant :

L’application des technologies de l’information et de la communication à l’ensemble des activités en rapport avec la santé.

L’usage du web a rendu l’accès à l'information instantané et a instauré un dialogue virtuel entre le soignant et son patient, mais aussi avec les autres patients au travers des blogs, communautés et autres outils de partages d’expériences.


Déploiements des usages

À partir de 2010, la France a systématisé de nombreux usages numériques en santé : Dossier Patient Informatisé, Dossier Pharmaceutique, e-CPS, MSSanté…, et de grands plans d’investissements ont été engagés : Innovation Santé 2030, Feuille de route du Numérique en Santé, Ségur du Numérique en santé, Programme SUN-ES, ESMS Numérique, Stratégie d’Accélération Santé Numérique (…).

logo dossier medical partage
Le DMP, exemple de l'usage du numérique en santé est proposé par l'Assurance Maladie. Carnet de santé numérique, il conserve et sécurise les informations de santé en permettant de les partager avec les professionnels de santé.

En 2020, la crise sanitaire a renforcé l’utilisation du digital et la e-santé connaît sa progression la plus notable depuis cette période.

Aujourd'hui, le projet de la Feuille de Route du Numérique en Santé confirme que la France est en marche vers une interconnexion grandissante entre santé et numérique.


2- Zoom sur la télémédecine


Les outils numériques occupent une place croissante dans les usages de la santé, apportant des bénéfices nombreux aux soignants et aux patients.

Le soin à distance, devenu un enjeu de santé majeur, propose des réponses multiples avec les dispositifs de la télé-médecine.


A - Cadre légal de la télémédecine

La télémédecine dispose d’une existence légale en France. Elle est conçue comme un acte médical réalisé via les technologies de la e-santé et non pas comme une prestation de service. Le Code de la Santé Publique la définit ainsi :

Une forme de pratique médicale à distance utilisant les technologies de l’information et de la communication.

Elle comporte 5 modalités légales de mise en œuvre : téléconsultation, télésurveillance médicale, téléassistance médicale, téléexpertise, régulation médicale.

Les 5 modalités de mise en œuvre de la télémédecine

B- Les 5 dispositifs de télémédecine

La téléconsultation

est un moyen pratique et efficace pour consulter un médecin sans avoir à se déplacer. Elle apporte plus de confort, de flexibilité et améliore l'accessibilité aux soins pour les patients.

La télésurveillance médicale

est une technologie qui permet de surveiller la santé des patients à distance, via des dispositifs connectés. Capteurs, moniteurs, balancelles (etc.), mesurent les signes vitaux du patient et les transmettent au centre de télésurveillance. Les données sont analysées par des professionnels en temps réel et permettent d’intervenir en cas de besoin.

La téléassistance médicale

permet de surveiller les patients et de leur offrir un soutien en temps réel et en cas d’urgence. Elle est particulièrement adaptée aux patients isolés ou vivant seuls, potentiellement touchés par une perte d’autonomie. Elle permet d’entrer immédiatement en contact avec un opérateur qui prendra en charge le patient et se fait via un boîtier ou bracelet connecté.

La télé-expertise

permet à deux professionnels de santé d’échanger via une messagerie sécurisée sur la pathologie d’un patient. Ainsi un médecin généraliste peut demander rapidement l’avis d’un confrère spécialiste au sujet d’un patient, qui en aura été informé et qui aura donné son accord. Cet outil permet de gagner du temps sur le diagnostic et facilite aussi l’accès aux consultations spécialisées dans les déserts médicaux.

La (télé)régulation médicale

est réalisée au téléphone par un médecin rattaché à un centre d’appels d’urgences. Ce « médecin régulateur », permet d’organiser la prise en charge qui ea la plus adaptée à l’état du patient et peut décider de l’orienter vers une hospitalisation en urgence.


3- L'e-santé aujourd'hui et demain

A - Du côté des soignants

L'E-santé épaule les praticiens au quotidien pour optimiser les traitements prescrits, anticiper sur les potentielles pathologies, gagner en efficience dans le suivi du patient et de son traitement, créer des communautés interactives pointues et spécifiques.

Ils profitent ainsi d'une offre diversifiée d'applications dédiées : aide au diagnostic grâce à l'intelligence artificielle, partage de cas cliniques discutés en ligne avec des confrères, aide à la prise de décision dans la pratique médicale, éducation thérapeutique pour les jeunes praticiens, suivi de certaines pathologies patient, etc.

94 % des jeunes médecins ou internes en médecine utilisent leur smartphone et leur tablette pour des pratiques professionnelles. Source: MACSF

B - Du côté des patients

Les patients ont également à leur disposition de très nombreux outils digitaux de santé dédiés, qu'ils utilisent dans leur quotidien et/ou durant leur parcours de soins. Téléconsultations, prise de rendez-vous médicaux en ligne, suivi de la fertilité, conseils nutritionnels, entretien de la forme physique… l'offre proposée par les développeurs est diverse, attractive, et adresse la santé sous tous ses aspects.

Les applications santé sont utilisées aujourd'hui par plus de 8 Français sur 10. Source : étude Airship

L'expérience du "phygital" : la plateforme My Hospitel !

Avec un outil digital qui permet au patient éligible à l'HTNM (Hébergement Temporaire Non Médicalisé) d'améliorer son expérience hospitalière, My Hospitel est une plateforme web sur laquelle il vient choisir lui-même ses services hôteliers, dans le cadre son parcours de soins.


4- Atouts de l'e-santé

Porteuse d'intérêts indiscutables pour les patients, les soignants et les établissements de soins, la digitalisation est un enjeu de santé publique majeur.


Illustration des points forts de l'esanté : facilitation d'accès aux soins, coordination entre les services, amélioration des prises en charge, rapprochement patients-professionnels, simplification du parcours de soins, réduction des coûts.

Au travers du Ségur du Numérique en Santé, l'Agence du Numérique en Santé (instance gouvernementale) a mis en œuvre et finance une réforme d'ampleur, portée par une ambition :

Généraliser le partage fluide et sécurisé des données de santé entre professionnels et usagers pour mieux soigner et accompagner.


5- Évolutions de l’e-santé

Corrélée aux progrès très rapides des technologies numériques, l'e-santé proposera un ensemble de services de plus en plus pointus et ciblera un public et des problématiques élargis.


couverture du projet Plan Innovation Santé 2030

Le président Macron, lors du Conseil Stratégique des Industries de Santé (CSIS) tenu le 29 juin 2021, a présenté le Plan d’innovation santé 2030 : une stratégie qui bénéficiera d’un budget d’à peu près 7 milliards d’euros dans le but de placer la France au premier rang européen en termes de recherche et de souveraineté dans le domaine de la santé.

Parmi les objectifs primordiaux de ce plan, on retrouve le développement de l’utilisation des données de santé numérique. Selon le Président de la République, la santé numérique représente :


Un levier absolument fondamental " pour mettre en place une médecine "plus personnalisée, plus efficace, plus prédictive, préventive et participative".

En conclusion

Toutes les nouvelles technologies telles que la réalité virtuelle, l'intelligence artificielle, l'impression en 3D, la blockchain, ... ouvrent des perspectives grandissantes aux applications multiples dont certaines encore méconnues.

La maîtrise de plus en plus poussée des technosciences (NBIC : nanotechnologie, biotechnologies, sciences de l'information, cognitives, neurosciences) amène les chercheurs à repenser l'être humain du futur comme un humain "augmenté", qui vivra plus longtemps en meilleure santé et possèdera des capacités encore améliorées.



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